× Dès que l'on entre dans son box, qu'on lui passe le licol autout du nez, il commence a frémir. Il sait qu'aprés des heures d'attente, cloîtré dans ce petit espace, il va enfin pouvoir exprimer sa véritable nature, celle d'un animal taillé pour la course, la liberté, les grands espaces. Il sort vers le paddock en piaffant, se compactant comme on presserait un ressort, s'échauffant à minuscules foulées avant de libérer son mouvement. Il n'y tient plus, ne peut plus attendre. L'énergie accumulé pendant de heures se libère comme le flot déchaîné d'une rivière en crue. Il s'exprime par des vagues de galops effrénés, de ruades, de sauts de mouton, se dressant, se vrilant, ondulant, crins et sabots en tout sens. C'est sans doute là que le cheval est à nos yeux le plus beau, le plus impressionnant. ♥
× Le temps, n'existe plus, l'espace n'a plus de limite, l'univers tout entier n'a plus de secret. En se faisant cavalier, l'humain est si vulnérable. Avec la vitesse nos yeux pleins de larmes ne voient presque plus l'horizon, notre coeur bat au rythme de ce galop infernal, on veut que cela dure des heures, on a envie de crier, de hurler de bonheur, de joie, d'excitation. Seul notre cerveau nous ramène par instant à la réalité : si une chute survient là, maintenant, c'est peut-être bien la mort qui ramassera notre corps désarticulé. Mais qu'importe, je veux bien aller jusqu'en enfer si c'est sur le dos de ma cavale lancée au grand galop. La force que donne le cheval à l'homme est immense. #♥